Claire Dantzer développe une pratique pluridisciplinaire alliant installations, sculptures et dessins comme autant de moyens au service d’une investigation des relations entre espace physique et espace mental. Ce qui l'intéresse c'est de capter, fouiller, décortiquer, interroger l’expérience esthétique pour en saisir, comprendre et délimiter sa dimension sensorielle et la dissocier de ses dimensions imaginaires et culturelles. Les dialogues qu’elle instaure entre les signes, les images et les matériaux cherchent à révéler l'impact, physique et psychologique, de la matière sur le corps, qu'il soit physique, intime ou social.

Pour cette exposition réalisée in situ, l'artiste s'appuiera sur sa perception de l'espace d'exposition qu'elle viendra modifier pour nous en proposer une traversée différente, cherchant à perturber nos perceptions et habitudes de déplacements. S'appuyant à la fois sur une création sonore et sur une recherche plurielle basée sur des éléments architecturaux, sculpturaux et des motifs géométriques, inspirés des chambres anéchoïques* et des salles d’escalades, elle nous invite à une traversée de l'espace entre claustrophobie et vertige.


* à propos des chambres sourdes (chambres anéchoiques):

« Nous défions les gens de s’y asseoir dans le noir [...] Dans le silence, les oreilles s’adaptent. Plus la chambre est silencieuse, plus vous entendrez de choses. Vous entendrez battre votre cœur, parfois vous pourrez entendre vos poumons, votre estomac gargouillant bruyamment. Dans une chambre anéchoïque, vous devenez le son […] »

Selon son créateur, personne ne peut rester dans cette pièce sans perdre ses repères et devenir complètement fou, en proie à des hallucinations, au bout d'un certain temps de présence estimé à 45 minutes.