Le travail de Catherine Melin part toujours d’une observation précise du réel, des lieux, de ses habitants et des objets qu’ils utilisent au quotidien. Aussi sa pratique se concentre sur l’étude de l’espace, sur la façon dont nous en faisons usage et de comment la circulation des corps y opère. L’artiste saisit les comportements humains d’appropriation et de détournement de l’espace public, de façon quasi compulsive et systématique, avec un travail de captation et de documentation itératif. Les corpus importants d’images ainsi collectés sont ensuite classés, sélectionnés, détourés, associés pour les amener vers d’autres formes. Si bien que chaque exposition est un dispositif qui place le spectateur au cœur d’un système de représentation graphique mobile, perméable et dynamique. Bruissements du dehors est une nouvelle étape de recherche, nourrie par les récents voyages de Catherine Melin en Chine à laquelle une observation de l’environnement immédiat du Bel Ordinaire apportera une nouvelle matière.

Ainsi se poursuit le travail pour mettre à jour des frictions, des équilibres précaires, des seuils et passages entre dedans et dehors, des logiques d’oscillations entre déconstruction et construction. Modulable et modulaire, l’exposition reste un état de la recherche, où structures spatiales, vidéos et dessins cohabitent pour créer un espace composite où la mémoire des gestes, des mouvements et des déplacements est activée.

En 2o18, Bruissements du dehors sera prolongée par deux expositions : au printemps à la galerie Isabelle Gounod (Paris) et à l’automne au FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur (Marseille).