L'exposition Le territoire, la carte, du collectif Le sans titre, explore la mise à plat comme outil d'interprétation d'œuvres en volume pré-existantes, la traduction en deux dimensions permettant de révéler et de déployer des structures masquées par le volume. 

L’exposition se développe à partir de la sélection d’une dizaine d’œuvres matrices qui ne sont pas exposées, mais transposées et littéralement mises à plat par les soins du collectif. Les œuvres réinterprétées investissent l’espace d'exposition sous la forme de plans, de coupes, de patrons et de cartes représentés à différentes échelles. 

Ce processus de déconstruction, manière iconoclaste d'appréhender les œuvres-référentes, s’appuie sur un matériau volontairement sommaire et accessible : des feuilles de papier A4. À l’inverse d’Edwin Abbott dans son livre Flatland, c’est du passage de la tri-dimensionnalité à la bi-dimensionnalité dont il s’agit ici. 

S’approprier une œuvre, la décortiquer, la déplier, en déterminer les constituants, les couches internes, l'enveloppe, puis, à partir de ces éléments, reconstruire de nouveaux objets plutôt que s'adonner au commentaire théorique, c’est faire l’expérience d’un travail artistique dans sa conception abstraite et sa réalisation concrète. 

Cette attitude interventionniste relève de la conception du commissariat d'exposition adoptée par le sans titre, une pratique artistique à part entière. 

Le sans titre, collectif d’artistes-commissaires, est composé de Cécile Azoulay, Cécile Babiole et Julie Morel. Elles appréhendent leur pratique curatoriale comme une pratique artistique en s’appropriant la forme de l’exposition comme un médium de plus, en l’abordant avec activisme et en mettant la main à la pâte. La production d’expositions ou la programmation d’événements est alors expérimentale et subjective. Leur manifeste se résume à « être juge et partie » !



visites guidées : sam. o2/o4 et 3o/o4, 16h 
atelier créatif : sam. o2/o4, 17h