Il y a quelque temps, j’ai appris que désir vient de desidere qui signifie sans [de] étoile [sidere]. Les désirs sont des étoiles que l’on ne voit pas encore : ce sont celles que les marins, qui autrefois naviguaient avec le ciel, attendaient d’apercevoir pour pouvoir se repérer sur la mer. L’idée que les désirs sont des lueurs dans la nuit, qui permettent de nous orienter, me paraît très belle et m’a un peu obsédée. Et les mots désastre et sidération ? D’autres mots liés aux étoiles, et qui résonnent drôlement pour moi (et peut-être pour vous) ces derniers temps. Les images que génère l’étymologie sont très souvent le point de départ de mes projets.

Pendant mon séjour au Bel Ordinaire, je compte amorcer un travail d’abécédaire – ou plutôt d’astro-bécédaire. Les mots comme des constellations de lettres sont une piste que j’ai envie de creuser. Je ne sais pas encore si cela prendra la forme d’un livre imprimé ou d’une collection d’objets graphiques à manipuler en direct. Ce sera en tout cas l’occasion d’explorer tout un vocabulaire parfois polysémique que nous offrent le ciel et les étoiles. Dans ces mots se juxtaposent des notions scientifiques à d’autres plus philosophiques ou mythologiques, ce qui sera aussi une piste pour explorer et faire se rencontrer différents univers.
Un A pour Avenir
Un B pour Big Bang
Un C pour Cosmos
Un D pour Disque protoplanétaire
Un R pour Révolution…
À suivre !