Je poursuis mon projet Petit Feu initié en 2024, qui dans sa forme première est une installation composée de sculptures en céramique et bois sculptés, dessins, monotypes, présentée au Petit cabinet du pont de Pierre à Strasbourg. Cette installation invite les spectateurices au cœur d’un espace intérieur parcouru de flammes qui semble habité et peuplé d’étranges formes. Entre la nature morte et le cabinet de curiosités, c’est un instant figé avant que tout s’embrase : flammes de faïence, bois tordus, branches grignotées, braises, fumées, volutes de charbon.

Tous ces éléments composent une première ébauche d’installation issue d’une recherche que je souhaite développer. J’explore les textures laissées par la combustion, les volutes de fumée, les traces déposées. Ces empreintes nourrissent au quotidien mes collectes et mes dessins. J’aimerais rendre hommage au feu, lui consacrer un espace d’expérimentation et de recherche symbolique. Le feu m’intéresse pour sa capacité de transformation, de purification, mais aussi pour sa profondeur symbolique. Depuis l’aube de l’humanité, il est à la fois outil et mystère : un élément qui nourrit et détruit, qui marque le passage entre deux états. En brûlant, il efface et recrée, laissant derrière lui des cendres, des traces, des textures qui témoignent d’un passé révolu. Comme le graphite dans mon dessin, le feu imprime des empreintes indélébiles sur la matière. Sur un plan philosophique, il incarne le cycle de la vie et de la mort, une destruction créatrice qui ouvre la voie à la renaissance. Il efface l’ancien pour permettre l’émergence du nouveau, symbolisant la fin et le commencement.

Mon intention pour cette résidence est de poursuivre cette recherche qui mêle dessins, monotypes et céramiques, et de créer un dialogue entre ces médiums. Tout l’enjeu sera alors de penser et de concevoir des dispositifs qui les associent et les fusionnent.