En jouant sur la densité, le mouvement et le contraste, une gommette se métamorphose en comète. Suivez Lili Gayman dans ses jeux d’accumulation, de dispersion et de saturation où le point devient passage et énergie et nous invite à interroger notre perception.

L’exposition se pense comme une trajectoire : celle d’un point qui, de forme élémentaire — la gommette — s’arrache peu à peu à sa fixité pour devenir élan, dérive, comète. À travers cette métamorphose, c’est notre manière de voir et d’habiter l’image qui se transforme, portée par une évolution progressive de la couleur, de l’éclat vers la retenue.
Le point se déploie à différentes échelles. Issu d’un geste répétitif et modeste, il est agrandi jusqu’à devenir environnement. D’abord ancré, répété, presque immobile, le point s’organise en motifs, en constellations proches, en surfaces habitées. Il se déploie dans une profusion de couleurs vives, saturées, dynamiques, qui activent le regard et le mettent en mouvement. La couleur y est pulsation : elle fragmente l’espace, fait vibrer les formes, transforme la répétition en champ visuel instable et expansif. Ce qui relevait du détail devient structure. Le motif se transforme en architecture visuelle, et le point en unité de construction.
Puis le point s’ouvre, devient seuil, passage. Une architecture circulaire — comme un kiosque — invite le corps à entrer dans l’image, à franchir une limite incertaine entre dehors et dedans. À l’extérieur, la couleur se retire : le noir s’impose, structuré par des lignes et des points. Le regard s’y ajuste, s’y concentre. À l’intérieur, au contraire, la couleur réapparaît, enveloppante, déployée en motifs. Les repères s’y dissolvent, laissant place à une perception mouvante.
Peu à peu, le point se détache. Il quitte la surface, circule, se propage dans l’espace comme une onde. Les formes se fluidifient, les lignes émergent, les trajectoires apparaissent. La couleur, elle aussi, se transforme : moins saturée, dans une gamme resserrée, elle installe une continuité plus lente. L’ensemble évoque une piscine, un milieu dans lequel le regard flotte, dérive, se laisse porter par des flux assourdis.
De la gommette à la comète, du point fixe au mouvement, l’exposition propose ainsi une expérience de bascule : un glissement progressif de l’ancrage vers la dispersion, de la saturation vers l’atténuation, de la stabilité vers le flux. Le point n’est plus seulement une forme — il devient passage, énergie, et invitation à réinventer sa manière de percevoir.


Exposition ouverte du mercredi au samedi de 15h à 19h.