En amont bruit le silence découle d’une quête poétique qui confine à l’utopie. À la suite de plusieurs épisodes de résidence de recherche et de production au BO, Marie Limoujoux et Karin Schlageter présentent un ensemble de témoignages - sonores, sculpturaux, photographiques - retraçant leur traque du chant des nuages.

Capturer la trace sonore d’un nuage. Oui, mais comment ? Marie se tient debout, armée d’un micro accroché au bout d’une perche, elle grimpe, arpente la montagne, avale les dénivelés, dégringole de la crête à l'alpage. Sa posture est résolument verticale, opposée à la posture horizontale du rêveur allongé dans la prairie qui dans sa contemplation se laisse respirer et vivre au rythme des volutes qui gonflent et se déforment. Dans le plissé de la croûte terrestre, Marie débusque le nuage endormi. Celui qui s'était lové dans la vallée, laissé happer par la combe douillette. C’est une épreuve de vitesse, et comme en peinture, c'est sur le motif que se saisit la nuée. Ainsi s’opère un glissement dans l'histoire de la représentation du ciel : de la peinture de paysage au paysage sonore.

Dans l’exposition, l’installation présentée joue à donner un corps - on pourrait presque dire : une réalité - à une matière sonore qui frise paradoxalement l’immatérialité, le vaporeux, le déjà-disparu-à-peine-entendu, où le son est à l’image du nuage, insaisissable.


La maison de la montagne vous accueille du lun. au jeu. de 10h à 12h et de 14h à 18h ; le ven. de 14h à 17h

visite guidée et atelier créatif sur rendez-vous au 05 59 30 18 94