Depuis un certain temps, je questionne notre manière de fréquenter, d’habiter et de concevoir des espaces. En lien avec mes divers vagabondages, les lieux peuvent être à la fois urbains et naturels, architecturaux et domestiques, mentaux et fantasmés. Ils sont pour moi des matériaux à part entière, où des rencontres peuvent se produire successivement et succinctement.
Tout en me déplaçant sur ces sites, je m’applique à capter et à récolter les indices de mes futures productions. Cette manière d’arpenter les lieux m’amène ensuite à travailler la photographie, le dessin, la sculpture et l’installation. Dans tous les cas, je m’attache à mieux comprendre mon environnement direct en puisant dans ce qu’il me propose.

Récemment, mon intérêt s’est porté sur les objets caducs: une forme de sacralisation de rebuts « inanimés », dépassant l’indifférence récurrente que l’on peut avoir envers ces matières. À mes yeux, les objets sont d'ailleurs aussi des espaces, qui nous permettent de nous projeter dans un imaginaire, soit collectif, soit individuel. J’aspire aujourd’hui à mettre en évidence des éléments sous des formes différentes. Une intention qui fait suite à mon exposition personnelle L’instant de plus en 2021. Les diverses propositions de ce projet m’ont permis de réaliser une fusion entre deux éléments à priori distincts de ma production : l’ajustement de matières brutes (notamment trouvées lors de certains déplacements, ou chinés) et la conception d’éléments fantasmés (en passant surtout par le dessin et la construction).

Afin de poursuivre ma recherche durant ma résidence au BO, je me suis rapproché de certains anciens sites sacrés (l’église St-Martin, le sanctuaire Notre-Dame de Lourdes ou des Cromlechs et Dolmens de la région), pour enrichir mes réflexions sur l’architecture et l’urbain. Diverses expérimentations sculpturales et photographiques sont prévus.