Ce temps de résidence marque l’une des dernières étapes de production de mon exposition La barrière de la langue , qui sera présentée du 1er avril au 27 juin dans la grande galerie du Bel Ordinaire. Lors de ces quinze jours, je me consacre notamment à finaliser des images produites à partir de collages 3D, en vue de leur impression imminente. Je prévois également un temps dédié à des tests pour une installation sonore intitulée Histoire naturelle des voix de synthèse . Initialement créée pour une diffusion sur dix enceintes en plein air, l’enjeu est de l’adapter pour une présentation en intérieur.
Après avoir passé plusieurs mois à me projeter dans cet accrochage au moyen d’une maquette numérique, être présent sur place, visiter l’espace d’exposition en long, en large et en travers, ressentir ses volumes, son acoustique, me permet de visualiser plus concrètement l’atmosphère que je souhaite proposer au public.
Je déambule dès à présent dans cet espace onirique, peuplé de voix, d’images et de phrases. Ces derniers jours, différents éléments commandés et réalisés par des prestataires — peintres en carrosserie, forgerons, tourneuse de bois et technicien en électronique — arrivent peu à peu à l’atelier, participant d’une concrétisation enthousiasmante.
L’équipe m’accompagne pour affiner les besoins techniques liés à la scénographie, au jeu des éclairages, à la circulation. Nous prenons également du temps pour échanger autour de mon processus de création, expliciter la façon dont s’est construit mon intérêt pour la voix, le son et la narration, raconter l’origine des différentes œuvres présentées et les recherches qui les ont accompagnées. Ces discussions forment la trame de ce qui sera partagé lors des visites.