Pour ma résidence au Bel Ordinaire, je propose une recherche dont la trame porte sur les enjeux liés à la coexistence des différentes formes de vie, et cette fois-ci, plus particulièrement la chasse. Sa perception en France est complexe ; elle est influencée par des aspects culturels, économiques, environnementaux et éthiques. C’est une activité ayant un ancrage historique fort, mais pourquoi est-ce un sujet si clivant ? Quelles sont les zones d’ombre de cette pratique qui ne permettent pas de s’en faire une opinion claire ?
Les Fédérations Nationales de Chasse œuvrent pour l’environnement, notamment par la plantation de haies, la collecte de données, la restauration des zones humides et pourtant, ces actions ont un impact très controversé. C’est le cas également des priorités données aux espèces chassées, de certaines espèces menacées et des politiques de régulation : le nourrissage des sangliers, l’élevage de gibier pour la chasse, etc.
Le partenariat institutionnel entre la FNSEA et Les Fédérations de Chasse est lié par des objectifs communs de gestion des espèces sauvages, de défense des intérêts des zones rurales et de protection des cultures.
Qu’est-ce que ce lien génère sur la pratique ? Mon objectif ici n’est pas de soumettre un avis tranché, mais de donner des clefs de compréhension afin de mieux comprendre les enjeux ruraux. Ainsi, mon intention est de donner un éclairage artistique sur ces pratiques et de donner la parole aux différents publics qui, de près et de loin, vivent dans un monde chassé.
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Voir la vidéo sur Youtube ↗Après mon séjour de recherche au BO, avril 2026:
De mi-mars à mi-avril 2026, j’ai passé une mois de résidence au Bel Ordinaire qui m’a permis d’avancer dans mes recherches théoriques et plastiques. Celles-ci m’ont amené à mieux comprendre les enjeux de cohabitation dans ces paysages montagneux, où, la chasse, la pêche, l’agriculture paysanne et pastorale prennent une place importante. L’écosystème propre au territoire et l’omniprésence de l’élevage, sous-entendent des enjeux politiques et écologiques nouveaux dans mon parcours de recherche qui pour le moment s’est déployé surtout en région Centre-val de Loire et dans le Parc Naturel régional du Marais Poitevin.
Durant ce séjour de recherche, j’ai borné un peu plus ce sujet composite. Je pense avoir mis en lumière quelques aspects qui expliquent son opacité. Ce sujet induit un ancrage historique fort, il sous-entend des principes de filiation, un lien à l’élevage, à la mort de animal, à l’alimentation humaine, au spécisme, à la subsistance alimentaire, qui rendent cette thématique complexe, parfois épineuse et passionnante. J’ai tenté de créer une intimité avec le territoire et les personnes concernées. De fil en aiguille, j’ai collecté des contacts auprès de chasseresses en battu et de chasseur·esse à l’arc, des acteur·ices de la fédération de chasse locale et du Parc National des Pyrénées. J’ai réalisé que je devais prendre plus de temps pour ce sujet, commencer, recommencer ces discussions et créer ainsi une relation de confiance avec les interlocuteur·ices que je sollicite.
J’ai continué mon travail sérigraphique. J’emploie cette technique à partir de prises de vues sur le terrain que je récolte au fur et à mesure comme témoin de mon parcours de recherches, relatant ainsi mon expérience de rencontre avec ce milieu. Cette suite de tirages en quadrichromie est réalisée avec un code colorimétrique strict qui s’inspire des couleurs employées dans les différentes chasses et des institutions qui interagissent avec cette pratique (FNSEA, ONF, par exemple).
Ce séjour m’a permis de commencer une autre série qui est une interprétation du « trophée de chasse » par le biais de tirage en triptyque au charbon de frêne. Je finalise chaque tirage par des encadrements. Ce processus vient apporter du sens à mes propos selon les essences que je choisis.
L’accès à l’atelier bois, et la confiance qui m’a été accordée par Adrien et Romuald, m’a fait beaucoup de bien, un grand merci à eux. J’adresse à l’équipe du BO un grand merci; je suis très touchée que vous m’ayez donné une chance de travailler sur ce sujet qui est perçu comme un peu scabreux. Les échanges avec chacun d’entres vous m’ont aidé dans mes recherches artistiques et ma professionnalisation, mais aussi à titre personnel; je suis très heureuse d’avoir rencontré une équipe de personnes sympas et dévouées pour les artistes. J’ai été aussi très heureuse de partager cette résidence avec les différents artistes et commissaires qui sont passés par le BO à ce moment-là, ce format de résidence en collocation est très enrichissant. Ça fait beaucoup de bien de discuter de nos réalités individuelles en tant qu’acteurs culturels. Encore un supergrand merci ! J’espère à la prochaine !
Très bonne continuation à vous toustes !