Simuler, dissimuler et révéler, telles sont les fonctions du design graphique qui seront mises à l’épreuve par. CORP lors de cette résidence.

Le collectif explorera le monde des données qui se superpose au réel et interrogera les mécaniques à l’œuvre derrière ce qu’on appelle l’intelligence artificielle, en vue de concevoir sa prochaine pièce numérique.

L’intelligence artificielle est le sujet scientifique qui crée aujourd’hui le plus de fantasmes, qui inquiète autant qu’il fascine, dans les laboratoires comme dans les entreprises ou en politique. La définition de l’intelligence comme celle de l’artificialité est suffisamment vaste et relative pour que chacun y associe ses propres représentations. Les membres de. CORP projettent aussi leurs propres images sur ce nouvel avatar de la révolution numérique et c’est dans ce croisement des conceptions ou des regards que vont apparaître les frottements ou les écarts à l’origine de la démarche artistique.

Parce qu’elle se base sur un langage, des conceptions, des clichés, des biais, des normes qui sont déjà celles existantes, celles d’un groupe social large mais limité, l’intelligence artificielle devient un être artificiel qui entretient, avec chaque membre du groupe, une certaine parenté. Cette figure d’être mythique issu d’une croyance et fédérant le groupe social (par des promesses politiques, économiques ou de facilitation de la vie quotidienne), s’approche à plusieurs égards de la figure non plus artificielle mais naturelle du totem. En langue indienne ojibwé, ototeman  qui donnera totem  signifie “il est de mon clan”. Le totem représente, dans la culture amérindienne, l’être naturel qui entretient une relation filiale avec les membres du groupe. La résidence au Bel ordinaire sera l’occasion pour. CORP d’explorer cette relation entre totémisme et intelligence artificielle.