Cette résidence au Bel Ordinaire est l’occasion d’une recherche sur une technique nouvelle pour moi : la sérigraphie. Cette recherche s’inscrit dans la continuité de ma pratique picturale, tant au niveau des problématiques que du questionnement sur les matériaux de production. La question du support, des matériaux et des techniques est intrinsèquement liée à ma pratique picturale. L’idée de la résidence est d‘installer un laboratoire de fabrication artisanale d’encres de sérigraphie, à base d’éléments végétaux ; les mêmes végétaux que j’utilise pour les teintures de mes toiles, afin de les expérimenter dans la réalisation de tableaux, dans la continuité d’un projet comme silva.

Ma pratique de la teinture n’est pas académique et laisse place à l’aléatoire. C’est un travail d’atelier en mouvement permanent, avec l’échec et le test comme sources d’inspiration. Les techniques de reproduction comme l’empreinte, l’estampe, la photographie sont déjà présentes dans mon travail. Elles viennent se mêler aux tableaux dans mes installations récentes, Atelier et silva, pour multiplier points de vue et illusions, et perdre les regardeurs.

La sérigraphie, comme technique de reproduction, déjà expérimentée lors de ma formation en design textile à l’ENSAAMA, serait une ouverture qui pourrait enrichir ma pratique picturale, offrant d’autres possibilités comme la réalisation de motifs imprimables sur différents tableaux, de répétitions et de combinaisons de motifs qui prolongeraient l’idée de mobilité d’un tableau à l’autre, et de tableaux modulables. Je prends la résidence comme une véritable page blanche qui va me permettre d’ouvrir ma pratique à un nouveau médium tout en acceptant de me laisser surprendre au gré des expérimentations et d’envisager d’autres ouvertures possibles.