Mon intérêt pour l’architecture m’a amenée à m’intéresser à la morphogenèse et à établir des liens entre formes organiques et urbaines. J’envisage la ville comme un chantier permanent, où construction et aménagement génèrent dans le même temps destruction et chaos. De la même manière, la notion d’entropie désigne un état de transformation continu où la nature rétablit sans cesse son équilibre face aux désordres. En travaillant plus récemment sur des matières d’écorce, de terre ou de mer, je cherche à entrer dans un processus physique de création.

L’habitat m’évoque également ce qui, tout à la fois, protège et enferme. J’ai commencé à travailler avec des matériaux de construction pour les Réclusoirs, un projet de sculptures que je souhaite réaliser sous forme de performances dans l’espace public. Ces abris rudimentaires, sortes de carapaces humaines dont le titre fait référence au petit édifice clos dans lequel s’enfermaient les pénitentes du Moyen-âge, sont pensés pour être bâtis par le reclus lui-même autour de son propre corps ; ce qui n’est pas sans rappeler le récent confinement ou les logements précaires proliférant dans les grandes villes.

Après une première expérimention à partir de 500 briques, je souhaite réaliser d’autres constructions plus élaborées et inspirées de structures organiques. À travers ces architectures, je cherche également à questionner des formes plus contemporaines et technologiques d’enfermement. Je souhaite profiter de l’accompagnement de cette résidence au Bel Ordinaire pour penser un projet de réclusoir en bois et réaliser une première maquette à petite échelle.