Out of sight prend comme point de départ la chronologie géologique d’une roche volcanique issue du désert noir en Egypte. Différentes cartes sont travaillées dans un récit où temporalités et recadrages transforment nos perspectives terrestres. Le design d’un Atlas émerge, il sera adressé aux visiteurs sous la forme de tirages photographiques et d’une édition.
À quoi ressemblent des cartes qui ne s’arrêtent ni aux frontières politiques des États, ni à la seule géographie humaine, mais plaident pour une vision à plus long terme, décolonisée, post-humaniste ?

Les roches que j’ai collectées en Egypte sont les traces d’un savoir invisible au premier abord : ce désert est une ancienne mer. Out of sight emprunte des outils aux géosciences : tectonique des plaques, climatologie, et ligne temporelle géologique. Ces outils agissent comme révélateurs de cadres phénoménologiques trop restreints, anthropocentrés. Si ce désert était une mer, que deviendra-t-il dans le futur ? À l’ère de l’anthropocène, repenser notre relation à la Terre et créer de nouvelles géographies apparaît primordial pour regagner une mobilité critique. Comment organiser des lignes de fuite, décoloniser les récits, permettre des modes de perception étendus, une vision écologique ? Construire de nouvelles cartographies ouvre un panel de préoccupations politiques et écologiques, implique une précision esthétique et éthique quant à la description de ces sites, mais permet aussi la projection d’autres mondes possibles.

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