En octobre 2019, au volant de ma voiture, j’ai traversé les campagnes des Pyrénées-Atlantiques pour rejoindre les montagnes. Au détour des routes sinueuses bordées par des champs de cultures céréalières, j’ai rencontré de nombreux silos à grain. La vue de ces structures perchées sur leurs minces jambes rouillées m’est restée en souvenir et s’est présentée avec évidence comme point de départ de ce projet de résidence.

La collection, que j’aime utiliser dans mon travail, pourrait prendre ici la forme d’un recensement de ces architectures dans le paysage agricole. Fabriqués en métal il y a plusieurs dizaines d’années, certains silos affichent des cicatrices où la rouille demeure. De couleur brune, rouge, ocre, cette réaction chimique impacte la matière et la fragilise. Sa composition, son apparition et son évolution m’intéresse tout particulièrement. En complément de la recherche photographique, je souhaiterais donc travailler sur les différentes couleurs et textures de la rouille. Ces expérimentations prendront diverses formes et m’amèneront à utiliser le procédé sérigraphique et le volume. Ce temps de laboratoire me permettra de manipuler et d’analyser le principe d’oxydation et d’en tirer des pistes de réflexion afin d’alimenter ma démarche de création.

Vous trouverez deux photographies de silo réalisées en octobre à quelques kilomètres de Pau, et une carte où j’ai commencé à recenser les silos.