Ma recherche questionne le rapport entre notation musicale, typographie et lecture à voix haute. Elle cherche à décaler ces curseurs, questionne les mécanismes de déchiffrage et d’interprétation, la musicalité de l’écriture et la sensorialité de la lecture.

Pendant cette résidence, dans les espaces du Bel Ordinaire et de la médiathèque André Labarrère, je vais développer un projet de protocole/partition pour une forme générique de performance, destinée à des espaces regroupant une quantité de livres suffisamment importante : médiathèque, bibliothèque municipale ou universitaire, centre de documentation, librairie… Et si, dans le silence paisible de la bibliothèque, ces livres méticuleusement posés sur les rayonnages se mettaient à tinter, les pages à fredonner ? Si les mots couchés sur le papier, immobiles et muets, se mettaient à bruisser ?

Cette résidence va me permettre de consacrer du temps à la recherche pour l’écriture, la création et la production graphique de nouveaux outils et d’explorer la forme globale que prendra le dispositif : sera-t-il voué à être autonome/générique, comme une boîte de jeux ? Aura-t-il une forme éditoriale et diffusable ? Sera-t-il composé d’objets scéniques, réservés à une utilisation uniquement performative et scénographique ? Ces objets prendront-ils la forme d’affichages dans la bibliothèque, de marquages au sol, d’objets graphiques cachés dans les rayonnages, d’instruments de lecture déformants pour brouiller les pistes ou encore de “livres préparés”, comme pouvait l’être le piano de John Cage ?

La résidence se conclura en décembre 2020 par une exposition au Bel Ordinaire qui présentera ces expérimentations et divers travaux.