Le projet développé au Bel Ordinaire, intitulé SPIDER AND I, met en scène un hexapode (robot à 6 pattes pouvant évoquer une grosse araignée mécanique). Son comportement pourra montrer des phases de calme ou à l’inverse présenter des attitudes de défiance croissante voir d’agressivité manifeste. Ces alternances et variations seront directement indexées sur l’état émotionnel de l’artiste. Celui-ci sera, au cours des périodes d’exposition de l’œuvre, en permanence équipé d’un bracelet connecté relevant ses données biométriques qui seront ainsi relayées via internet vers le robot.

SPIDER AND I engage ainsi une réflexion sur l’effet de contamination qui brouille aujourd’hui les frontières entre l’humain, l’animal et l’artificiel, alors que précisément la robotique dans ses développements actuels s’inspire de plus en plus d’éléments issus du vivant animal. Le robot deviendra « co-présent » à l’artiste à travers le réseau, tout en obligeant ce dernier à rester « attaché » à son œuvre via l’appareillage tissant à proprement parler un lien entre l’activité interne de son propre corps et cet artefact distant. Cet « attachement » pourra proposer une version ironique du lien viscéral et romantique entre l’artiste, son monde intérieur et son œuvre, lien revisité ici à l’heure de l’omniprésence des technologies numériques.