Trois artistes - trois amis - se retrouvent pour la première fois invités à présenter leur travail dans une même exposition. Ils décident alors de s'abandonner au plaisir partagé d’interroger le faire artistique et de mettre en activité leurs travaux respectifs. C'est décidé, s'il faut un fil rouge, il sera tissé de complicité et de dissonance. Aussi l’exposition devient un médium, l'ensemble prévaut sur la dimension individuelle, l'envie de convoquer des rapprochements flous et d'inviter des hasards objectifs s'affirme. Et la forme du parcours, d'un récit, surtout pas linéaire, mais construit par résonances entre les travaux se dessine. À l’instar des livres dont vous êtes le héros, l'exposition vous proposera de lire cette histoire en opérant des choix et sélectionnant des points de vues. Si bien que votre visite vous permettra d'éprouver une oscillation, un mouvement de balancier, devenue possible entre objets et figurations d’une réalité plus générale, nature domestiquée et espace domestique, matériaux et imitation, socle et mobilier, espace commun et espace fictionnel.

Cette oscillation vous fera passer des peintures-objets de Jean-Marie Blanchet - qui, par la matière, convoquent des lieux qui à leur tour nous plongent dans un imaginaire domestique et une impression de déjà-vu ou de déjà-là – aux paysages sans qualité révélés par le travail de David Coste - qui s'appuie sur l'idée d’une nature domestiquée par l’homme au point de la réduire à l'échelle d’une image-lieu. Et dans un rebond ou au creux d'une parallèle, vous arriverez dans un de ces lieux créés par Pierre Labat. L'endroit sera bien celui où vous serez, mais augmenté dans ses signes, lignes et équilibres par un ailleurs, celui de l’art et de ses origines.