Curieuse des rencontres que font les hommes avec la part sauvage du monde, Victoria Klotz mène, depuis 1997, un travail plastique qui interroge notre rapport à l’homme et à l’animalité. Artiste plasticienne, elle développe plusieurs pratiques : installations in situ, films vidéo, bandes audio, photographies et écrits.

Sur la place du Junqué à Jurançon, elle propose de « mettre en scène des présences animales dans la ville. Plus exactement de véhiculer l’idée de niches écologiques dans le tissu urbain : la ville est aussi un écosystème, certaines espèces animales ont déjà investi ce territoire même si la plupart d’entre nous ne les voient pas : renards, rapaces, insectes jouent à cache-cache dans les interstices de la ville. Nous continuons à penser les villes comme un espace exclusivement humanisé, alors que les observations des naturalistes et écologues ont analysé le phénomène des zones-refuges et quantifié cette présence animale invisible pour le quidam. Pour matérialiser cette présence, je propose une série de dix structures autonomes : des mâts de bateau avec leurs balconnets d’observation où sont perchées des sculptures animalières hyperréalistes. Cette forme m’intéresse parce qu’elle est porteuse de rêves : la vigie d’un bateau voit les dangers et aussi l’espoir de la terre ferme. Situer les animaux sur ces « nids de pie » les met en position d’observateurs, de sentinelles de notre monde. Cela les met aussi dans une position ambiguë, au milieu de nous et hors d’atteinte. Les animaux ont cette qualité de présence particulière : proches et inaccessibles à la fois. » Victoria Klotz