Résidence de création

Le Pôle Culturel Intercommunal poursuit son travail d’accompagnement avec la compagnie des Limbes (Bordeaux) pour « Nous le passage », projet de mise en scène de poèmes d’Henri Meschonnic.
Poète, traducteur, théoricien du langage, l’œuvre critique plurielle d’Henri Meschonnic a transformé la pensée du langage, de la littérature et de la traduction. L’écoute de l’oralité, de la théâtralité du langage des poèmes d’Henri Meschonnic est l’enjeu premier de cette recherche. Une écoute collective attentive et de toute la peau, de ce que fait le poème et comment, par la lecture de la poétique du rythme, de la prosodie, de la signifiance de son écriture. Cette imprégnation passe aussi par la lecture des traductions et de l’œuvre théorique, consubstantielles à l’œuvre du poète, procédant d’une même éthique.

La poésie, telle que la définit Henri Meschonnic, est l’activité par laquelle une forme de vie transforme une forme de langage et une forme de langage transforme une forme de vie.
« La poésie doit transformer le monde, elle transforme notre rapport au monde ou elle n’est pas la poésie, mais une poétisation. Autrement dit, la poésie, c’est l’union maximale du langage et de la vie. Ecrire un poème, c’est faire la vie. Lire un poème, c’est sentir la vie qui nous traverse et être transformé par lui. Penser, écrire, c’est travailler à être libre, c’est-à-dire vivant. »
Extrait de Vivre poème d’Henri Meschonnic, éd. Dumerchez, 2005

L’invention d’une vie langage dans et par le poème engage l’invention d’un théâtre du poème, d’un « théâtre comme voyage de la voix ». Lorsque le spectacle devient l’écoute de la théâtralité du langage, de la corporalité du discours, alors le poème s’écrit communément dans l’entente partagée d’une parole.

Avec : Solène Arbel, Romain Jarry, Brieuc Jeandeau, Jean-Marc Saint-Paul, Martine Valette, Loïc Varanguien de Villepin

Recueils de poèmes choisis pour cette recherche : Nous le passage (1990), Je n’ai pas tout entendu (2000), Puisque je suis ce buisson (2001), Tout entier visage (2003), Infiniment à venir (2004), Et la terre coule  (2006).