Née en 1983 à Pau, travaille à Lys sur sa ferme. Après ses études à L’École Supérieure d’Art des Pyrénées – Tarbes en 2011, elle décide de rester dans sa ferme familiale et de croiser son regard entre sa pratique plastique et son travail paysan.

La pratique artistique de Marie Labat entre en résonance avec son quotidien paysan, l’expérience du travail, des paysages, ou de la famille, qui deviennent ses sujets de recherche. Elle passe de la paysannerie à l’art, rapportant son expérience dans l’acte artistique, comme autrefois, lorsque les paysans travaillaient et créaient leurs objets de travail ou de vie, insufflant leur créativité à leur quotidien. Elle aborde principalement l’installation, composée de propositions graphiques sur papier ou textile, en encres végétales, associées à des objets sculptés sur bois, sur pierre, en vannerie ou avec des objets prélevés sur sa ferme. Le textile est un support pictural mais il peut être aussi accessoire ou costume pour l’activation d’une installation. Elle métamorphose son histoire, celle de son territoire, celle de notre rapport à la terre pour donner une lecture mystique de l’héritage paysan qu’il ne faut pas oublier.

Matière première est pensée au travers de son héritage, avec un objet du quotidien nourricier, un objet ayant traversé les générations, un torchon du trousseau de sa grand-mère. L’œuvre, un paysage rationnel fait de formes géométriques, habité de deux personnages attachés à une table. L’un est nu, le paysan, et l’autre en costume noir, évoquant ceux qui représentent les marchés économiques. L’homme nu porte le plateau de la table et l’homme habillé s’accroche au support, il est un poids supplémentaire pour le porteur. Cette peinture, réalisée sur ce tissu ancien, traduit le contexte paysan, le travail de la terre et son évolution au travers des générations, la transmission d’un contexte économique.