« Ma pratique artistique est essentiellement faite d’interventions, de gestes in-situ, dans une recherche de confrontation avec/entre les matériaux. (…) Mon travail consiste à repenser une partie d’un espace. Il y a un changement très physique car je m’occupe de modifier la matière même du lieu, je suis curieux de cette matière, je cherche à l’analyser. Je vise à une altération psychique.

Les pièces et gestes créés ne sont pas forcément restitués dans l’institution mais peuvent se retrouver autour de son ancienne propriété, comme un hommage et une pierre tombale sur son ancien lieu de vie.

L’idée principale n’est pas vague mais vu que mon réel travail se fait en amont sur mon carnet, seul découvrir et vivre dans un lieu peut réellement créer une émulsion et des formes. Mon travail s’inspire de l’ordinaire et c’est en vivant des expériences qu’il se transforme concrètement ( …) »

Extrait de la note d’intention de Luke James

Luke James

La pratique de Luke James, composée essentiellement d’un travail de sculpture mais aussi de photographie et de peinture, convoque un rapport physique aux matériaux et à l’espace.

Ses sculptures peuvent être décomposées comme une série de gestes sensibles et pondérés, pratiqués sur des matériaux travaillés de manière brute. Dans ses photographies, l’angle de prise de vue de l’artiste capture la dimension architecturale et géométrique de situations fortuites ou provoquées par la rencontre d’éléments dissonants, faisant écho aux formes élaborées dans ses sculptures.

Son travail se développe au fil de pièces, fonctionnant comme des traces indiciaires et parcellaires de la dissection de relations entre rapports de force et curiosité : l’Homme, l’animal, l’architecture, les classes sociales, sont quelques unes des composantes des interactions observées et questionnées au quotidien par l’artiste. Ces réflexions sont nourries par une lecture assidue de littérature et de philosophie américaines et européennes qui dépeignent des attitudes et pensées défricheuses, offrant un contrepoint aux prescriptions de la société moderne occidentale.

Dans ses expositions, Luke James articule le plus souvent sculpture et photographie, parfois ponctuées de peinture, qui agissent alors comme indices de lecture réciproques. L’espace d’exposition devient pour lui un territoire à conquérir, qu’il s’approprie par des gestes de construction comme de déconstruction.

http : //www. studiolukejames.com/