Travail expérimental autour de la sérigraphie en volume, en braille, mais aussi des encres électroniques et sonores.

A la manière des archivistes, The Blind & Guillaume Batista Pina vont récolter les sons liés au Graffiti (Bruits de sprays, de trains, de découpe de grillage, de pas sur les voies ferrées, d’appareil photos…) glanés ça et là autour du Bel Ordinaire et sa région.
A partir de cette matière première, ils vont retranscrire graphiquement ces sons. Les échantillons sonores collectés et répertoriés seront également sujets à des manipulations et des déformations numériques, par le biais d’effets de distorsion, réverbération, d’échos… Cet ensemble de matières servira à la composition de sérigraphies abstraites, tactiles et sonores.

Guillaume Batista Pina

Né en 1980 à Pau. Diplômé des Beaux-Arts de Nantes et d’un Master « Technologies Numériques et Valorisation de Produits Culturels » à l’Université d’Angers en 2007, il a collaboré avec plusieurs artistes aux cours de ces dernières années.

Son univers s’établit par la création ou la récupération d’objets jetés, cassés, trouvés. De ces redécouvertes jaillit alors l’idée de bricolage, d’une « culture remix ». Travailler avec les moyens du bord, les déchets, d’une société de consommation de masse. Manipuler, démonter, couper, souder, câbler… Tout ce qui peut émettre des valeurs analogiques ou numériques par la manipulation tactile, pour créer de nouveaux instruments. Boutons, potentiomètres, leviers, capteurs de pression… Ils constituent des outils « maison » de sélections, de découpages, de montages et de manipulations du flux des images et des sons. La culture « remix » embrasse le recyclage et le vagabondage, culture de l’intervention et de la réinvention. En définitive, le résultat importe moins que le processus. L’événement dure le temps de la performance, mais aussi le temps de sa « mise en œuvre ». Les œuvres demeurent ouvertes, introduisant un sens dans la cacophonie du monde au moyen d’assemblages bricolés, souvent éphémères, toujours sujets à transformation et toujours susceptibles d’une réorganisation.
Le « DIY » est la première méthode qui s’impose à tout amateur ou débutant. Ne disposant pas de financements importants, il s’agit de se débrouiller avec ce dont on dispose pour réaliser son œuvre.

Sur le web : Guillaume Batista Pina

The Blind

The Blindest diplômé de l’école des Beaux-Arts de Nantes et œuvre au sein du collectif 100 Pression depuis 2003. Il développe depuis plusieurs années un concept artistique novateur qu’est le graffiti pour aveugle, en investissant la ville à l’échelle des murs.

Son travail est né de l’envie de rendre visible et lisible le graffiti au plus grand nombre. Il développe alors une vision sociale de l’art, où voyant et non-voyant ont mutuellement besoin l’un de l’autre, pour pouvoir accéder à l’œuvre et la comprendre. Son art visuel en trois dimensions prend place sur les monuments et façades d’immeubles ; lieux de passage et de grande visibilité. A travers sa pratique, il cherche à sortir le braille de son format et de sa forme classique, pour lui donner une visibilité à plus grande échelle, passant de celle du doigt à celle de la main.

Ce qui prime dans son travail est donc l’interrogation, la curiosité et les questionnements que soulève la vue de ce type de lettrage. Comprendre le message inscrit sur le mur, nécessite d’avoir une clef de lecture et implique de rechercher le moyen de le déchiffrer, en d’autres termes connaître la logique des six points.