Collaboration entre Johan Parentet Virginie Piotrowski pour la réalisation de la pièce Sinkhole

Sinkhole - 2014 - Dimension de l’installation : 80/80/ 200 cm - Dispositif réglable

Sinkhole est un dispositif dont le titre fait référence aux dépressions dans le sol causées par effondrement.
L’installation présente un espace clos et confiné, auquel le regardeur ne peut accéder que par le regard, via un hublot placé dans une cloison qui l’en sépare. L’espace est condamné, comme pour suggérer un éventuel danger dont le regardeur est mis à distance. Il ne peut être que l’observateur d’une anomalie mise en quarantaine : le sol de la pièce est absent, l’espace s’enfonce dans le vide.
Le regard assigné à un point de vue unique et frontal amène le spectateur, par omission, à générer des hypothèses sur cette construction impossible.
Cette installation crée une fiction, elle nous invite vers un ailleurs à la fois absurde et inquiétant.

Johan Parent

« Les machines et les objets proposent dans mon travail un spectacle, ou le spectateur entretient un état contemplatif, ou au contraire une mise à distance par rapport à l’œuvre.
L’idée de révolte est sous-jacente, comme pour souligner un état de surplus et d’énergie intense. Une vision narrative qui permet de considérer l’objet à travers l’espace et le temps, où il exécute une activité incessante et répétitive.
Mes propositions se caractérisent comme des observations fictives qui interrogent la mémoire. Elles témoignent d’un temps éventuel où l’objet, à force de gestes permanent ou de tensions, deviendrait comme fou.
Ces travaux exposent un champ de réflexion sur une sorte de personnification des objets. Ceux-ci sont animés et prennent vies, comme pour imiter des états physique et psychique des individus. Une façon de revisiter de manière comique et poétique notre monde quotidien, par une sorte de ré-enchantement des corps usuels qui nous entourent.
Cette vision, d’objets ou de situation personnifiée, ne correspondrait-elle pas à une sorte de fétichisation, un anthropomorphisme exacerbé, qui serait peut-être dû à notre ère matérialiste et désenchantée ?
Dans son ensemble, mes travaux exposent par le biais de différents dispositifs d’installations, des objets malades, narcissiques, vieillissants, contagieux, comme un virus imaginaire qui se généralise dans l’espace réel. »