A travers cette « éthologie du monde courant », l’oeuvre de Quentin Armand inaugure un espace narratif ouvert, sans queue ni tête, sans début ni fin, où l’entreprise, la logique de projet prime sur le point de départ ou la conclusion. Une oeuvre du déplacement, donc, dans tous les sens du terme. Déplacement car c’est à un regard décalé sur ces objets du quotidien que nous invite Quentin Armand. Ce faisant, il nous engage à traverser des espaces inconnus et des temps ignorés. Philosophie du déplacement, du voyage, comme lors de sa participation au programme de résidence Holiday in, avec les centres d’art Gasworks de Londres, CAC de Vilnius et Triangle de Marseille, qui lui ont permis de parcourir les états baltiques de mars à avril 2007.
« L’humour, la fantaisie ont bien sûr leur place, tout comme la poétique ou le politique mais ce ne sont pas pour autant des buts, simplement des dividendes accompagnant l’étrange ; l’incongru et la poursuite d’une architecture propre aux choses étonnantes. »

Quentin Armand

Quentin Armand est né le 7 août 1977 à Royan, en France. Il se forme à l’École supérieure d’art de Grenoble et à l’École supérieure d’art de Pau ainsi qu’au Pavillon, l’unité pédagogique du Palais de Tokyo. L’art de Quentin Armand est marqué par l’irruption de l’inattendu dans un monde faussement trivial. Son dessin, parfois proche de la bande dessinée, stylisé ou suggestif, distille une poésie noire ou faussement rose, où les métamorphoses des êtres et des choses sont les figures qui peuplent l’artiste et qu’il « verse » sur le papier pour mieux les considérer : persistances, hypothèses, et évènements particuliers nés de la vie en mouvement et vus par le prisme du dessin.

Dans ses installations comme dans ses dessins, le fantastique, l’étrange surgissent au milieu du quotidien : les objets associés, empilés, assemblés dans les combinaisons les plus improbables produisent desreadymadehybrides, polymorphes, aberrations qui ne sont ni grotesques ni ridicules, mais « ambivalentes, en-dehors de la norme, sans en être trop loin non plus. »